Vivendi s’est dit confiant mardi dans le redressement cette année de sa filiale de télévision payante Canal+, qui tente de juguler la fuite de ses abonnés en France, lors de son assemblée générale.

« Notre pari sur 2017 c’est que les résultats remontent à partir du troisième trimestre » en France, a déclaré Vincent Bolloré, le premier actionnaire et président du conseil de surveillance du groupe qui a vu son contrôle conforté lors de cette assemblée qui s’est tenue à l’Olympia.

Les départs et gains d’abonnés de Canal+ se sont équilibrés en mars en France, une première depuis longtemps, a-t-il souligné, alors que le groupe subit des pertes d’abonnés depuis 2012 et l’arrivée de son concurrent BeIN Sports. Mais l’effet de la refonte de ses nouvelles offres et de ses nouveaux accords de distribution avec les opérateurs télécoms ne devrait être clair qu’à partir du mois d’octobre.

Canal+ comptait 2,9 millions de clients à travers ces partenariats avec les opérateurs Free (Iliad) et Orange à la fin 2016, qui rapportent cependant beaucoup moins au groupe que les abonnements premium directs. Canal+ affiche 5,25 millions d’abonnés en direct en France.

L’offre Canal+ « à 19,90 euros c’est vraiment pas cher », « l’offre est redevenue compétitive », a renchéri Vincent Bolloré. Canal+ multiplie aussi ses efforts d’économies et compte dépasser son objectif de 300 millions d’euros de réduction de coûts à l’horizon 2018 en passant notamment par une renégociation systématique de tous ses contrats.

Passant en revue ses différents actifs, Vincent Bolloré a souligné que le groupe ne comptait pas se séparer de son joyau, la filiale de musique Universal Music Group. Valorisée par certaines banques jusqu’à 20 milliards d’euros, le groupe a décliné une offre de rachat de 13,5 milliards en 2015, a-t-il révélé.

Discussions commerciales avec Orange

Vivendi, qui négocie un renforcement de son partenariat entre sa filiale Canal+ et Orange, mène uniquement « des discussions commerciales » avec l’opérateur de télécoms, a relevé Vincent Bolloré.

Les dirigeants de Vivendi, devenu le premier actionnaire de Telecom Italia, ont réaffirmé « l’engagement à long terme » du groupe avec l’opérateur italien qui doit lui permettre de parvenir à une masse critique pour la distribution des contenus.

« Notre ambition en Italie reste inchangée », a précisé Arnaud de Puyfontaine. Reconnaissant que « la collaboration n’a pas commencé sur les meilleurs bases avec Mediaset », le groupe de télévision des Berlusconi avec qui il est en conflit, l’objectif reste « de construire une relation constructive et pérenne », a-t-il observé.

Interrogée sur la perspective d’un rapprochement avec le groupe de publicité Havas, dont Vincent Bolloré contrôle 60% du capital, la direction de Vivendi voit ce projet d’un bon oeil: « Est-ce qu’on a une vision qui pourrait rendre un rapprochement pertinent? la réponse est oui », a observé Arnaud de Puyfontaine sans donner de calendrier.

Vivendi s’apprête à dévoiler mi-juin une nouvelle version de sa plate-forme de vidéos en ligne Dailymotion avec des contenus premium destinés aux 25-49 ans. D’abord lancée pour les mobiles, elle sera ensuite étendue aux autres plates-formes.

Le groupe veut, après l’acquisition de l’éditeur pour jeux mobile Gameloft aussi se renforcer sur ce terrain, éventuellement par des acquisitions externes. Cette assemblée générale a aussi permis à Vincent Bolloré d’être reconduit dans ses fonctions de président du conseil de surveillance, et a débouché sur l’adoption de l’ensemble des résolutions proposées par le groupe, malgré des critiques émises sur la gouvernance de Vivendi.

Le conseil de surveillance a été ramené à 12 membres, dont 6 femmes, contre 14 précédemment, traduisant un renforcement du contrôle du premier actionnaire. Vivendi annonce « six membres indépendants » mais les sociétés de conseils des actionnaires jugent que ceux-ci sont moins nombreux, notant qu’un membre, voire deux ont des intérêts liés au groupe.

La Commission européenne a pour sa part approuvé mardi la prise de contrôle effective de Vivendi par le groupe Bolloré, à la faveur de droits de vote doubles accordés par la loi Florange. Bolloré détient désormais 29% des droits de vote de Vivendi pour 20,65% du capital.

L’exécutif européen « a conclu que l’opération envisagée ne soulèverait pas de problème de concurrence, compte tenu des faibles parts de marché des entreprises et de la présence de concurrents importants sur les marchés concernés », selon un communiqué.

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