Le plan de relance a été rejeté. Les banques refusent de recapitaliser une compagnie mise sous tutelle.

Les espoirs de sauvetage d’ Alitalia sont en bout de piste. Le plan de relance soumis à référendum aux salariés a été sèchement rejeté. 67 % des votants ont refusé les mesures pourtant avancées comme celles de la dernière chance. Celles-ci prévoyaient notamment 1.700 suppressions d’emploi et une baisse de 8 % des salaires. Le président du Conseil italien, Paolo Gentiloni, a immédiatement convoqué une réunion extraordinaire avec les ministres des Transports, du Développement économique et du Travail pour exprimer le « regret et l’étonnement devant une situation qui met en danger l e plan de recapitalisation ». Il n’y a pas de plan B, avait-il martelé et certainement pas celui d’une nationalisation.

En attendant de connaître la décision des principaux actionnaires, réunis en assemblée générale jeudi, le gouvernement affirme son objectif de « réduire au minimum les coûts pour les citoyens italiens ». D’après Mediobanca, les différentes aides publiques pour sauver la compagnie leur ont déjà coûté près de 8 milliards d’euros entre 2007 et 2014. « Les règles européennes s’opposeraient de toute façon à toute nationalisation », a rappelé Carlo Calenda, le ministre du Développement économique. « Non, c’est impossible, le gouvernement a fait tout son possible pour faciliter une solution », renchérit le ministre de l’Economie, Pier Carlo Padoan.

La solution privée pour remplir les caisses vides d’une compagnie, qui ne pourra bientôt plus payer ni le carburant ni les salaires, est également écartée. Avec l’issue négative du référendum, les banques UniCredit et Intesa Sanpaolo, parmi ses principaux actionnaires, refusent de consentir de nouveaux efforts en souscrivant à une recapitalisation de 2 milliards d’euros. La trésorerie a un besoin urgent de 950 millions d’euros pour payer les fournisseurs. Sans quoi, d’après certains observateurs, Alitalia n’arrivera pas à la mi-mai.

Dernier appel avant une inéluctable liquidation

Son conseil d’administration convoqué mardi a donc décidé d’activer la procédure d’« administration extraordinaire » publique en vue d’une liquidation ou d’une hypothétique reprise. La première coûterait 1 milliard d’euros, la seconde est encore incertaine. Le quotidien « La Stampa » évoque de nouveau l’éventualité que l’actionnaire majoritaire Etihad (49 % du capital) vende ses parts à Lufthansa. Le patron du géant allemand s’était montré disposé à renforcer ses liens avec Etihad. Le gouvernement devra nommer de 1 à 3 commissaires pour l’« administration extraordinaire » réclamée par la compagnie. Une procédure qui empêche les créanciers de réclamer leur dû dans l’attente d’un assainissement de ses finances. Celui-ci passera par un nouveau plan industriel qui devra être élaboré au plus vite pour trouver un éventuel repreneur. Ce sera le dernier appel avant une liquidation qui devient de plus en plus inéluctable.

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